On a vu que le numérique ne s'altérait pas. Encore faut-il respecter quelques règles...
Avant toute chose, choisissez votre matériel avec attention. Puisque chaque conversion analogique/numérique ou numérique/analogique entraine une altération du son, il faut essayer de rester en numérique du début à la fin de votre chaine d'appareils. Pour cela, vérifiez que chaque appareil où le son sera véhiculé dispose d'une entrée et d'une sortie en numérique. Vous êtes alors certain d'éviter que le son soit altéré par des conversions : un bypass, par exemple, sera un vrai bypass : le son sera restitué exactement comme il est arrivé dans l'appareil, alors que ce n'est pas le cas d'un appareil analogique, où chaque prise, chaque mêtre de câble supplémentaire entraîne une perte de qualité du son.
Vérifiez que le format numérique que vous choisirez peut être maintenu tout au long de la chaine . Un appareil ayant un entrée sur 24 bits en 48Khz peut très bien ne pouvoir sortir que du 16 bits 44.1Khz. Le son sera alors irrémédiablement dégradé bien qu'on reste en numérique.
Assurez-vous donc que toute la chaine d'appareil est liée par le même format si vous voulez une qualité très élevée. En revanche, certains appareils proposent un format de travail de meilleure qualité que ce que son entrée ne permet (Ex : entrée 20 bits alors que l’appareil travaille en 24 bits). Alors, à quoi ca sert ?
Imaginez que l'exemple donné soit appliqué à un multi-effet. En interne, l'appareil effectuera un ensemble de calculs pour chaque effet. Puisque nous sommes en numérique, imaginez qu'un effet nécessite une division : la machine devra arrondir car elle ne travaille qu'avec des entiers. Imaginez qu'elle doit traiter 8 effets de même type : à force d'arrondis, le son sera un peu déformé. En travaillant avec une meilleure résolution, c'est comme si les calculs se faisaient avec des nombres à virgule : il sont plus précis. Le son sera alors moins altéré par les effets, donc plus fidèle.
Maintenant, voici quelques consignes à respecter quand on travaille avec un ordinateur.
Ayez à l'esprit qu'un ordinateur peut "planter", c'est à dire qu'il se bloque et qu'il n'y a plus moyen d'accéder à la fonction d'enregistrement de vos logiciels. Sauvegardez fréquement si vous ne voulez pas perdre des heures de travail.
Ensuite, pensez qu'un disque dur n'est pas infaillible. Si celui-ci a un problème, cela peut être des mois de travail qui se perdent. Copiez régulièrement tous vos fichiers important sur un autre support afin de récupérer votre travail " au cas où... ". Quand vous réalisez une sauvegarde sur CD, utilisez l'option de vérification de votre logiciel de gravure : une sauvegarde qui n'est pas fiable à 100% ne sert à rien !.
Cette opération ne doit pas être prises à la légère : c'est long, lent, chiant, tout ce que vous voulez, et en plus, certaines personnes vous diront que c'est inutile parce que de nos jours, les disques durs sont fiables etc... Pensez qu'à part une défaillance matérielle, il peut aussi arriver : un bon gros plantage qui détruit vos fichiers, un virus qui vous bousille tout votre boulot, une mauvaise manipulation... Dans les entreprises, cette opération est faite tous les jours. Vous pouvez ne la faire que toutes les deux semaines, tous les mois, tous les six mois, suivant le temps que vous passez sur votre ordinateur. En tout cas, je peux vous assurer que quand ça vous arrive (toujours quand vous êtes pressés ou que vous faites une démonstration*), c'est la crise de nerfs assurée !
Enfin, dernière recommandation, faites attention aux types de fichiers quand vous enregistrez votre travail sur le disque dur. Vérifiez que le format dans lequel vous sauvegardez votre œuvre accepte la même qualité que celle dont vous vous êtes servis pour enregistrer et qu'il n'y a pas de compression destructive (type MP3, par exemple) qui modifie le son pour mieux réduire la taille du fichier enregistré. Si vous ne savez pas si la compression d'un format est destructive ou non, supposez qu'elle l'est et évitez ce type de fichiers.
Pour illustrer, disons que vous enregistrez en 16 bits 44.1Khz en stéréo : n'allez pas choisir un format limité à 8 bits 22Khz mono (ce qui donnerait un coté radio mal reçue du plus bel effet :-) ). Lorsque c'est possible, évitez les formats exotiques ou propriétaires (utilisables par un seul logiciel) afin de pouvoir retravailler aisément le résultat avec d'autres logiciels.