Elément crucial de la diffusion de la musique, le micro reste encore bien souvent méconnu du musicien...
Autant tout le monde sait qu'il est préférable d'utiliser une basse plutôt qu'un triangle pour obtenir des sons graves, autant la plupart des musiciens utilisent les micros qui leur tombent sous la main pour s'enregistrer ou pour faire un live.
C'est ainsi qu'on assiste souvent à des concerts de feedback chez les jeunes musiciens. En général, un public qui perd 50% de ses capacités auditives en une soirée évite de revenir à un concert du même groupe. Les plus astucieux (ou sadiques) changent le nom de leur groupe pour induire les gens en erreur, et achèvent alors tranquillement les tympans qu'ils avaient commencé à bousiller.
Si vous aviez utilisé les micros adéquats, votre groupe s'appellerait toujours "les maringouins électriques", et vous ne seriez pas en taule pour violences contre tympans.
Les microphones sont chargés de transformer une onde sonore acoustique en électricité. Un micro est principalement défini par la technologie utilisée pour convertir le son, et sa directivité.
Ces microphones utilisent une bobine en cuivre et une source magnétique (aimant) pour traduire les sons en tension électrique. Ce système a l'avantage d'être robuste, ce qui permet de le manipuler sans restrictions et de supporter de fortes pressions acoustiques (cuivres...).
Cette robustesse se paie par en revanche par une perte de définition dans les fréquences aigues. En effet, la bobine possède une inertie qui l'empêche de retranscrire fidèlement les hautes fréquences. Cette perte apparait généralement à partir de 15Khz, et interdit ce type de micro pour des prises de son ou la fidélité est très importante.
La présence d'une source magnétique évite au micro de recourir à une alimentation extérieure, mais ne permet pas au micro de produire un fort signal de sortie.
En clair, ce micro trouve sa place sur scène, ou la mobilité est nécessaire et la qualité de son moins importante. Les micros adaptés au chant ont en plus l'avantage d'avoir une bande passante remontée vers les 5KHz (fréquences importantes pour la voix), et de proposer un filtre antivent (atténuation des problèmes avec les 'F', les 'S'...).
Les microphones électrostatiques utilisent un condensateur, dont la capacité varie en fonction des mouvements de la membrane. Ce système permet une grande sensibilité dans les aigus, mais également dans les basses : ce type de micro est donc haut de gamme, et donc relativement cher.
Le signal de sortie est d'un niveau élevé grâce à la présence d'un préampli, ce qui nécessite une alimentation, soit externe, soit fournie par la table de mixage par le cable XLR (alimentation fantôme).
Les micros électrostatiques sont en revanche assez fragiles : ils ne supportent pas les chocs, ni les pressions acoustiques élevées. D'autre part, l'alimentation peut entrainer des bruits parasites ('buzz'), le micro est sensible à l'humidité et sa membrane électrostatique attire la poussière.
Les micros à électret utilisent le même système que les micros électrostatiques. La différence vient de la charge qui n'est plus fournie par une alimentation extérieure : le micro est en effet traité dès sa fabrication pour être chargé en permanence.
Ce type de micro est généralement moins onéreux que les micros électrostatiques. En revanche, il produit plus de souffle et sa charge s'atténue avec le temps, ce qui le rend de moins en moins efficace et limite sa durée de vie (à plusieurs années tout de même).
Ce type de micro nécessite parfois une alimentation supplémentaire, soit à l'aide d'une pile, soit par alimentation fantôme. Les problèmes relatifs à l'humidité et à la poussière sont les mêmes que pour le micro électrostatique, puisque dans les deux cas, la membrane est électrostatique.
La directivité d'un microphone définit sa sensibilité en fonction de la provenance d'un son.
Le microphone omnidirectionnel ne privilégie aucune provenance. Il est donc particulièrement adapté pour enregistrer des sons d'ambiance.
Le micro cardioïde est définit par sa directivité vers l'avant, mais surtout par le fait qu'il capte peu les sons provenant de l'arrière. C'est pourquoi il est le microphone privilégié des chanteurs sur scène, car le risque de feedback avec un retour de scène est limité.
Le micro bidirectionnel est sensible aux sons provenant de l'avant et de l'arrière. Il est donc indiqué pour les duos, ou pour être placé entre deux éléments (caise claire-charley, par exemple)
Le micro hypercardioïde ressemble à un microphone cardioïde mais dont les angles morts diffèrent. De ce fait, il est adapté aux chanteurs utilisant deux retours de scène.
Le microphone canon possède une forte directivité vers l'avant. Il est donc indiqué pour capter les sons d'une source éloignée en limitant les bruits parasites. Idéal pour capter une source éloignée (documentaires animaliers...)